J’avais délaissé mon blog et j’étais en panne de lecture mais ça ne veut pas dire que mon Club de lecture s’est arrêté. Il perdure depuis 2012 maintenant et je suis fière de l’avoir créé 🙂

Je ne sais plus à quel numéro de rencontres nous sommes et pour information ne chroniquerai pas toutes les lectures du club comme je le faisais avant. Ça me met trop la pression.

Aujourd’hui je vous parle du livre d’Alice Zeniter, lecture proposée par Sandrine.

Comme d’habitude, j’ai eu un peu d’appréhension par rapport à cette lecture, car il a reçu le Prix Goncourt des Lycéens. Vous le savez peut-être, chaque fois (ou presque) qu’un livre obtient un prix, il y a des chances qu’il ne me plaise pas.

Alice Zeniter, l'Art de Perdre

Alice Zeniter nous raconte l’histoire d’une famille de Harkis, des années 30 à nos jours

En réalité, elle nous raconte l’histoire de sa famille. J’ai commencé le livre et très vite, j’ai ressenti le besoin d’en savoir plus sur Alice Zeniter. Il me fallait savoir qui nous racontait cette histoire. Quelle est la légitimité de l’auteure par rapport à ce livre ?

Les parents d’Alice Zeniter sont Français, mais il faut noter que son père est d’origine algérienne, de Kabilie, fils de Harki. Voilà donc toute la légitimité de l’auteure à nous raconter son histoire. Certes, L’art de perdre est un roman, mais sur un fond de grande vérité. Il était important pour moi de le savoir.

Ali, Hamid puis Naïma.

Le livre se divise en trois parties. L’auteure commence par nous raconter la vie d’Ali. Cela se passe dans les années 30.
Ali cultive des oliviers et fabrique de l’huile en Algérie. Les affaires se portent bien. Mais sa vie va basculer quand il fera le choix de se mettre du côté des Français pendant la guerre d’Algérie. Il doit donc quitter l’Algérie en bateau, avec sa famille, vers la France où on lui promet de l’accueillir. Ils vivront pendant une année dans le camp de Rivesaltes. Ils finiront par aller vivre dans un HLM dans l’Orne. Ali trouve un emploi d’ouvrier dans une usine.

La deuxième partie, c’est la vie d’Hamid. Hamid va finir par ne plus vouloir entendre parler de l’Algérie. En primaire, il est bon élève. Il quitte sa famille, s’émancipe et part vivre à Paris, où il rencontre Clarisse. Hamid ne fait pas le Ramadan, il mange du saucisson et boit de l’alcool. Et reste silencieux sur sa vie passée en Algérie. Tout comme son père d’ailleurs.

Enfin, la troisième partie est celle de Naïma. Une des filles de Clarisse et Hamid. Elle travaille dans une galerie d’Art. Elle n’est jamais allée en Algérie, ne parle pas arable et son père refuse de lui parler de ce pays, qui n’est plus le sien. Juste après les attentats du Bataclan, son patron à la galerie veut exposer un artiste Algérien, ce qui mène Naïma à aller à Alger pour monter l’expo.

Histoire d’un déracinement

J’ai toujours entendu parler de la guerre d’Algérie, des Harkis. Mais cette histoire je ne la connais que de loin. Pourtant je suis Historienne de formation. Mais on m’a surtout parlé du Général de Gaulle à la Fac et pas vraiment de la guerre d’Algérie elle-même. Je ne connaissais pas, par exemple, dans le détail, l’épisode de ces harkis qui ont vécu dans des camps.

Un déracinement dans toute “sa splendeur” ! Ils vivent en France, ils sont Français, Ali s’est battu aux côtés de la France pendant la seconde guerre mondiale. Mais ils sont avant tout Arabes en France. En Algérie, ils ne sont plus les bienvenus. Ils ont tout abandonné. Leur maison, leur famille, leurs terres.

Voici racontées les conséquences de la colonisation.

Je vous avoue que je ce n’est pas un livre que j’avais envie de lire, là, en ce moment. Mais le sujet m’a beaucoup intéressé donc j’ai poursuivi la lecture. J’ai éprouvé beaucoup de peine pour cette famille et j’ai été très touchée.

C’est aussi pour ça que j’avais besoin de savoir si Alice Zeniter savait de quoi elle parlait ou si elle avait juste fait des recherches sur l’histoire des Harkis.

J’ai appris beaucoup de choses sur eux et je suis contente d’avoir lu ce livre.

C’est une histoire triste, mais il faut la lire.