Ce Kerouac est dans ma PAL depuis un certain temps. Depuis longtemps, quoi ^^. Il est rare que je lise un livre dès que je l’achète (C’est d’ailleurs pour cela que je n’achète plus de livres brochés. Car le temps que je les lise ils sont déjà sortis en poche).

Enfin, ce n’est pas si rare en fait, il y a des exceptions avec les livres que je dois lire pour le club de lecture et aussi les livres d’Agatha Christie.

Sur la Route de Jack Kerouac

Sur la route est un livre que l’on m’a recommandé, mais j’avoue que quand je parcourais ma bibliothèque et qu’il passait sous mes yeux, j’avais du mal à le tirer de sa place, j’avais une certaine appréhension (d’ailleurs mon amie Florence m’a dit que le livre lui faisait le même effet.)

Note importante : j’ai lu la version du rouleau original et je vous conseille de lire cette version si vous ne l’avez pas encore lu. Je vous explique pourquoi ci-après.

Les préfaces

La version que j’ai lue comporte trois préfaces. Elles sont d’un niveau assez élevé, pour moi en tout cas. J’ai eu beaucoup de mal à les lire et j’ai mis beaucoup de temps. Cela représente un peu moins de 150 pages. J’aurais pu les passer me direz-vous, mais je ne l’ai pas fait car elles apportent des informations importantes qui nous aident à comprendre un peu mieux pourquoi Jack Kerouac est parti sur la route, ainsi que sa personnalité.

Si vous décidez de ne pas lire les préfaces, je vous conseille de lire au moins l’article Wikipedia qui lui est consacré et qui est très bien fourni.

Ces préfaces nous expliquent notamment le cheminement (et c’est un euphémisme que de parler de cheminement ici…) du livre Sur la route. D’après ce que l’ont sait il l’aurait écrit en 20 jours (du 2 au 22 avril 1951), tapé à la machine a écrire, sur un rouleau d’imprimerie, mesurant un peu moins de 37 mètres.

Il a eu du mal à faire publier son livre, car il faut avouer que pour l’époque il est vraiment hors normes. Il y parle de drogue, de sexe, d’alcool, d’homosexualité, tout ce qui va à l’encontre du puritanisme américain.

Avant d’être publié (à la fin des années 50) Kerouac a dû modifier beaucoup de passages du livre, changer les noms de personnes qu’il cite, leur faire signer une décharge au cas où ils auraient l’idée de l’attaquer pour diffamation. Bref, il lui a fallu bien modifier le récit original.

Il faudra attendre 2007 pour que la version du rouleau original soit publiée.

Jack Kerouac, un intellectuel sur la route et à l’origine du mouvement de la Beat Generation

Kerouac est né en 1922. Ses parents sont Québecois et d’origine bretonne. Son grand frère meurt à l’âge de 9 ans, ce qui le traumatise à vie.

Son père meurt en 1946. C’est lui qui l’initie à la littérature et le fait participer au milieu culturel de sa ville. Il écrit son premier roman à 11 ans. C’est dans l’imprimerie de son père qu’il apprend à taper à la machine et qu’il y acquiert une certaine dextérité de frappe (ce qui a toute son importance comme on l’a vu plus haut).

Il entre à l’université et obtient une bourse car il est un très bon joueur de football américain.

Il lit Camus, Celine. Il s’abreuve de littérature.

Il fait des rencontres qui changent sa vie. Il fait notamment la connaissance d’Allen Ginsberg, William Burroughs et Neal Cassady. Il éprouve pour ce dernier une réelle fascination et c’est lui qui va l’inciter à prendre la route.

Ensemble ils vont participer développement du mouvement littéraire et artistique, la Beat Generation.

Jack Kerouac est un grand écrivain qui a vécu une vie dissolue jusqu’à la fin de sa vie.

Un témoignage de l’Amérique de la fin des années 40

Comme je le disais, j’ai mis plusieurs jours à lire les préfaces. Et puis, j’avais vraiment envie d’entrer dans le vif du sujet.

Ce livre, je l’ai lu d’une traite. Il est bien écrit, facile à lire et on suit vraiment Kerouac dans ses voyages. Il nous fait visiter les États-Unis en long, en large et en travers : de New York à San Francisco, en passant par Denver. Nous fait découvrir les mœurs des années 40.

Il rencontre plein de gens, de femmes. Il écoute du Jazz. Il boit. Il voyage avec parfois très peu d’argent en poche. Il vit ses voyages jour après jour et risque plusieurs fois de se tuer en voiture quand Neal Cassady conduit. Il faut manger, chercher du travail, savoir où dormir.

C’est parfois une vie digne d’un clochard, qu’il vit.

Je n’ai pas trop compris sa fascination pour Cassady. Cet homme, de quelques années plus jeune que lui, est complètement déjanté et a une personnalité tellement à l’opposé de celle de Jack qui est plus sensible et a l’air plus posé. Il l’a souvent entraîné dans de drôles d’histoires. Jack considérait Neal comme son frère perdu.

J’ai voyagé avec Kerouac. D’autant que j’ai moi-même fait plusieurs road trips aux Etats-Unis. Donc j’ai réussi à bien me mettre dans le bain. J’ai lu le pavé assez rapidement. Il m’a donné envie d’en savoir plus sur toutes les personnes qu’il cite.

Quand j’ai lu les préfaces je m’attendaient à lire des passages un peu trop porté sur le sexe, la drogue et l’alcool. C’est vrai qu’à l’époque ce sont des thèmes qui peuvent paraître vraiment choquants.

Je n’ai pas été choquée, car aujourd’hui on est quand même habitué à lire des récits ou voir des films dans le genre. Surtout qu’ils sont plus suggérés qu’autre chose.

Il m’a fait penser à Bukowski, dont j’ai lu Le Postier cette année.

J’espère que je vous ai donné envie de le lire et que vous l’apprécierez autant que moi.