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Romain Gary, La promesse de l’aube

Mais quelle est donc cette promesse de Romain Gary ? Nous l’apprenons assez rapidement. Sa mère a toujours dit qu’il serait quelqu’un d’important dans la vie et c’est là, la promesse qu’il lui fait, à l’aube de sa vie, en plus de lui vouer un amour inconditionnel.

La promesse de l’aube est un livre autobiographique (même si Romain Gary parle plutôt d’un livre d’inspiration autobiographique).

Le livre est composé de trois grandes parties, la dernière partie m’ayant donné un peu de mal dans la lecture. Et pourtant c’est une période importante de sa vie et qui prendra une tournure spéciale à la fin du livre.

Le récit nous fait plonger dans l’univers d’un amour maternel, « un peu » toxique quand même.

Romain Gary, La promesse de l'aube-couverture
Copyright Chapitre Onze – Valérie Galassi

Romain Gary, l’homme aux deux Prix Goncourt

Romain Gary est le seul auteur à avoir reçu deux fois le prix Goncourt. En effet, la règle fait qu’on ne peut recevoir ce Prix qu’une seule fois.

La première fois qu’il le reçoit, c’était en 1956, pour son livre « Les Racines du ciel ». Il le reçoit une deuxième fois pour La vie devant soi, qu’il a écrit sous le pseudonyme Emile Ajar, en 1975. Il écrira d’ailleurs plusieurs livres sous ce nom-là.

Mais il a écrit une quantité notable de livres écrit en tant que Romain Gary.

Romain Gary a eu plusieurs vies. En effet, d’après la description Wikipedia, il a été :

aviateur, militaire, résistant, diplomate, romancier, scénariste et réalisateur français

Romain Gary, les Prix littéraires et moi

Vous le savez peut-être, mais il m’arrive très souvent de ne pas aimer les auteurs ou les livres ayant reçu un prix. Ce n’est pas un à priori, loin de là, c’est juste un fait. J’ai lu par exemple La grammaire est une chanson douce d’ Erik Orsenna et je n’ai pas accroché ou encore La joie de Mo Yan, que je n’ai même pas terminé (ce dernier, du peu que j’en ai lu, a été une véritable souffrance pour moi !)

De ce fait, ce n’était pas gagné avec Romain Gary. Rendez-vous compte, l’auteur a reçu deux fois le prix Goncourt…

J’ai quand même parfois l’idée de donner leurs chances aux primés. Et cela a été le cas justement pour Romain Gary. La Promesse de l’aube n’est pas le premier livre de cet auteur que je lis. En effet, j’ai déjà lu La vie devant soi. Suite à ce que je viens d’écrire, vous vous en doutez peut-être, je n’ai pas tellement accroché. Je n’ai pas aimé le style, l’histoire non plus. Et en fait, j’étais plutôt déçue, car j’en avais entendu tellement de bien.

Donc j’ai donné sa chance Romain Gary. J’ai acheté La promesse de l’aube bien après La vie devant soi. On voit bien ma bonne volonté. Je crois que j’ai acheté ce livre, à cause des avis dithyrambiques dont j’avais eu vent.

C’est un livre de plus de 450 pages. J’avoue, j’avais une petite appréhension. Il est d’ailleurs resté quelques années sur ma pile à lire avant que je ne m’y attaque.

Ma deuxième rencontre avec Romain Gary

Cette promesse de l’aube, l’auteur en parle dès les premières pages (en page 17 chez Folio)

…j’entourais ses épaules de mon bras et je pensais à toutes les batailles que j’allais livrer pour elle, à la promesse que je m’étais faite, à l’aube de ma vie, de lui rendre justice, de donner un sens à son sacrifice et de revenir un jour à la maison, après avoir disputé victorieusement la possession du monde à connaître, dès mes premiers pas, la puissance et la cruauté.

La première partie du livre est dédiée à son enfance vécue notamment en Pologne. Après plusieurs années fastes, Romain et sa mère, Mina, ont dû faire face à un coup dur. La maison de couture de Mina, qui marchait bien, fait faillite. Durant les années fastes Mina a tout fait pour que Romain bénéficie de tout ce qu’il faut, côté éducation, pour qu’il devienne quelqu’un d’important. Elle n’a eu de cesse de lui répéter cela tout au long de sa vie.

La deuxième partie, c’est leur vie à Nice où Mina tient un hôtel-pension. C’est durant ces années-là que Romain apprend la maladie de sa mère, qu’elle lui avait bien caché.

Enfin, la troisième partie parle des années où Romain a fait la guerre (la seconde guerre mondiale).

Tout au long du livre, on voit combien Mina a mis son fils sur un piédestal, jusqu’à parfois le mettre mal à l’aise dans certaines situations. Son fils était le meilleur et elle criait par dessus les toits qu’il allait devenir quelqu’un de très important. On lit partout qu’il a écrit ce livre pour rendre hommage à sa mère. Il faut avouer qu’on perçoit bien combien il aime sa mère.

Je ne connais pas vraiment Romain Gary, sa personnalité, mais en lisant ce livre j’ai perçu une certaine humilité de sa part. Cela m’a paru très étonnant quand on lit combien sa mère avait de l’emprise sur lui. Comme je l’ai dit plus haut, on ressent une relation toxique. Quand on vous répète sans cesse que vous êtes la ou le meilleur, il en résulte normalement qu’on puisse devenir une personne imbue de sa personne. Enfin, il y a de grandes chances je crois. Ce n’est pas du tout ce que j’ai ressenti. Il a réussi à tenir un certain recul par rapport aux actes de sa mère. Par contre, on peut comprendre que cette relation a laissé des traces dans ses rapports avec la gent féminine.

En tout cas, j’ai vraiment aimé ce livre. Il est bien écrit, j’ai aimé le style, j’ai aimé les pointes d’humour tout au long de sa narration, j’ai aimé lire combien il a aimé sa mère. J’ai préféré la deuxième partie qui se passe à Nice, car c’est la ville où je vis et j’ai bien imaginé Romain Gary dans les endroits qu’il cite. J’ai moins aimé la partie qui se déroule pendant la guerre. Mais ça n’enlève rien à la qualité de ce livre.

Et pour finir, on sait qu’il a tenu sa promesse, puisque Romain Gary a été diplomate.

Ce livre est un coup de cœur pour moi et j’ai vraiment envie de lire Les racines du ciel (oui, un livre ayant reçu le prix Goncourt !)

Sinon, ne lisez pas la fiche Wikipedia à propos de ce livre, car elle spoile la fin !